The Duke of Burgundy ou l'enfer de la relation D/s


Cette oeuvre cinématographique de Peter Strikland (2014) est un peu comme le film « la secrétaire », une référence pour les amateur-ices de la relation Domination/soumission (D/s) en 24/7, bien que la relation s’inscrive dans un cadre lesbien. Néanmoins, ce que vivent les deux personnages pourrait tout aussi bien prendre place dans une relation hétérosexuelle.

Quel est le Pitch de ce film, je vous entends me demander : La spécialiste des papillons Cynthia et sa jeune compagne Evelyn entretiennent une relation masochiste dominante-dominée rythmant leur vie toute entière. Pourtant, sous le vernis de cette mécanique bien réglée, commence à poindre une réelle dissension entre les deux femmes mettant en danger leur couple.

La question soulevée par le film est comment entretenir une relation D/s dans une relation de couple en 24/7 (entendre tout le temps). C’est une sacrée bonne question et le film montre que la dominatrice (Cynthia) se fane au fur et à mesure que le temps passe, fatiguée d’être sans cesse aux prises d’une soumise energivore (Evelyn), c’est l’histoire d’un burn-out BDSM.

Les scènes se répètent et perdent de leur spontanéité pour entrer dans le prévisible, le mécanique, l’attendu, une même faute entrainant inlassablement la même punition. La dominatrice est vampirisée par sa soumise qui lui réclame toujours plus de sévices, plus d’humiliations et on comprend que celle qui domine n’est pas celle qu’on croit. Cynthia essayant de répondre au mieux aux sollicitations incessantes.


Outre le sujet, j’ai beaucoup aimé l’esthétique du film : les couleurs chaudes, la décoration un poil désuet de la maison qui sera de théâtre à ce huis-clos, le chic bourgeois des tenues.

Néanmoins, il y a un passage du film qui m’a laissé dubitative : une sorte de rêverie psychédélique dont j’ai dû mal à comprendre l’intérêt dans le film.


C’est un film que je vous recommande chaudement. Néanmoins, si vous souhaitez acculturer votre moitié au monde BDSM, n’oubliez pas que ce film montre que malgré des pratiques hors-normes, elles n’empêchent pas la lassitude du train train quotidien.


Pour lire d'autres critiques du film, c'est ici et

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