#DominArtiste, quand le SM devient Art


Voici les résultats que l'on trouve lorsqu’on cherche sur wikipedia la définition des mots « Art » et « Artiste » :

- « L’art est une activité, le produit de cette activité ou l'idée que l'on s'en fait. Il s'adresse délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l'intellect. - Un artiste est un individu faisant une œuvre, cultivant ou maîtrisant un art, une technique et dont on remarque entre autres la créativité, la poésie, l'originalité de sa production, de ses actes, de ses gestes. »


Je trouve que ces définitions entrent en résonance avec la manière dont je pratique le BDSM ou encore avec les évènements sex-po que j'organise (SubSpaces, erosticratie) : je mets en place un cadre visuel, olfactif et sonore pour déplacer l’individu dans une autre dimension afin de jouer sur ses émotions et son intellect. Je me fie à mes intuitions, guidée par les réactions de l’autre pour entrer dans une danse, une transe, un subspace, un état que l'on peut comparer à la contemplation d'une oeuvre que l'on aime.


J’en viens donc à la conclusion que le sexe (entendre la pratique) peut être en soi un Art. Au delà du savoir faire, notre projet commun est de tutoyer les étoiles. Certaines collègues ont cette faculté, comme ma chère Nurse Zoé qui m’hypnotise littéralement lorsque je la regarde prendre possession d’un corps. D’autres, à l’inverse, n’auront jamais ce pouvoir de magicienne. Le savoir-faire ne suffit pas, il faut injecter un supplément d'âme, quelque chose d'indéfinissable, pour créer l'alchimie des sens.


Néanmoins, avoir du talent ne suffit pas : il faut le développer, de ne pas se reposer sur ses facilités. Pour nourrir ma créativité, en plus de naviguer sur internet, je regarde et m'inspire d'œuvres (livres, films, peintures, dessins, performances, théâtres). De même, j’assiste régulièrement à des festivals dit sex po pour apprendre et développer des pratiques. D’ailleurs, je vous partage parfois mes découvertes dans ce blog (hélas pas suffisamment à mon goût). Participer à ce genre d'évènement me fait toujours un bien fou, repartant avec de nouvelles idées dans mon escarcelle. Je peux également suivre des cours particuliers pour poser une sonde urétrale ou un plâtre, planter des aiguilles, apprendre les gestes de 1er secours. Nous sommes d'accord, nous parlons ici de pratiques, mais l'aspect psychologique est souvent abordé. Lorsque j'assiste à un atelier sur l'âge play, j'entre dans la psychologie du Little (=position bottom) en testant moi-même cette position pour comprendre par ma propre expérimentation.


Dominartiste car je pousse ce regard artistique dans la façon de me présenter et de me représenter. Je collabore avec des photographes expérimenté.es et/ou renommé.es pour la production de mes images, me positionnant régulièrement comme directrice artistique (je pense à ma récente collaboration avec Christian Mamoun pour laquelle nous avons un projet d’éditer un porte folio du shooting Zentai de mai 2021). Je cherche des settings originaux, proposant des idées ou des costumes qui sortent de l'archétype attendu de la dominatrice. D'ailleurs, il n'est pas rare que les clichés produits soient exposés dans des galeries (ma soeur jumelle, l'Albatrice a vu des œuvres de son projet Lyx exposées au Carrousel du Louvre, au Grand Palais, à l'hôtel de Sully, la Monnaie de Paris ou encore aux rencontres internationales de la photographie à Arles)


A l’inverse, je suis régulièrement contactée par des artistes pour participer à leur projet comme conseillère technique. Pour le livre, road movie trash, Lykaïa, DOA m'a interviewé à plusieurs reprises pour comprendre le monde du BDSM. D'ailleurs, il s'inspire des SubSpace dans un chapitre de son livre. En relisant mes précédents billets de blog, je m'aperçois que je ne vous ai même pas parlé de cette expérience, ni même du livre

Muse, j’ai inspiré Hélène Gugenheim devenant un des personnages de son livre Ici, vivent les dragons, c'est d'ailleurs de là que vient le nom de mon donjon "le Trois-mâts". Il est en de même avec Joel Person qui s'est inspiré d'une photo prise en soirée pour produire le dessin qui illustre ce billet de blog. Et aujourd'hui, me voilà conseillère technique sur un long métrage. La liste serait longue et je vais m'arrêter là, me promettant de vous faire part plus souvent de ces expériences. Qu'en pensez-vous ?



Credit image : Joel Person "Madame"


POST SCRIPTUM : Pourquoi j’écris en écriture inclusive ?

  • Parce que les lectrices doivent se sentir aussi concernées que les lecteurs.

  • Parce que les règles d'écriture, où le masculin l'emporte sur le féminin" est déjà une formalisation de la discrimination et de la domination

  • Parce que vous êtes sur un site féministe à tendance gynarchiste

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